En randonnée, il est des matins où on aimerait bien se réveiller sur un bon matelas et sous une épaisse couette... Et ce jour-là, ces propos illustraient admirablement bien l'état d'esprit dans lequel nous étions...
Alors, en plus de ça, nous n'allions quand même pas attendre 9H pour aller signaler notre arrivée à l'accueil du camping. Une nuit pareille, ça n'a pas de prix !
Alors nous sommes partis comme des voleurs...

En chemin, les vaches nous observent avec un petit œil réprobateur...

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La brume est encore au-dessus de nous.

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Elle forme une inquiétante couverture sur les sommets.

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Puis elle semble se dissiper...

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... pour mieux revenir...
Dans la montée vers le Col d'Ilhéou, nous entrons peu à peu dans une atmosphère étrange, silencieuse, inquiétante et excitante à la fois.

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Ilhéou, ce col ?
Il est là !

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Une petite photo et nous repartons : pas le temps de traîner dans cette ambiance qui nous glace le corps comme pour nous figer nous aussi dans ce paysage immobile.

Pourtant peu après le col, nous rencontrons deux femmes qui pique-niquent tranquillement sur leur couverture de survie...
Nous voulons bien croire qu'il est midi passé et qu'en général nous retardons rarement le moment du casse-croûte mais là, dans des conditions pareilles, nous n'y pensons même pas ! Rien que le fait de s'être arrêtés un moment pour leur souhaiter malgré tout un bon appétit et nos doigts nous brûlent déjà.

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A mesure que nous descendons vers le lac d'Ihéou, nous quittons progressivement l'épais nuage qui nous enveloppait précédemment.

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Puis nous apercevons le lac d'Ilhéou.

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Nous n'avons qu'à nous installer ici pour pique-niquer ! La suggestion nous semble d'abord intéressante : un panorama plutôt charmant, une température qui, si elle ne témoigne pas d'une canicule ambiante, est tout de même suffisamment supportable et bien évidemment la raison d'être de cet arrêt : les sandwichs au pâté !
Mais, en montagne, comme chacun sait, le temps change vite !

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"Dis-donc, dans ce refuge là-bas, tu ne crois pas qu'il font des crêpes ? Moi, j'en prendrais bien une au sucre... "
Et pour une fois, ça n'est pas un mirage !
Nous entrons dans le refuge, nous chaussons des mules, nous nous installons dans une petite salle et nous sommes reçus comme des rois !
L'endroit est agréable, sécurisant, et en plus ça sent bon les crêpes !

Nous voilà bien réconfortés pour la descente.

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Tiens, déjà Cauterêts ?

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Mais si le refuge du lac d'Ilhéou n'était pas un mirage, notre arrivée imminente à Cauterêts en était bien un...
Dans la descente, des panneaux indiquent une déviation du GR pour cause de travaux. Houlà, il va falloir être vigilants ! Tellement vigilants qu'à un moment donné, nous ne voyons plus de balises... Seul réconfort, nous devons être sur la route qui descend à Cauterêts. Mais le problème, c'est que nous sommes à pied et que le revêtement et la pente ne sont pas adaptés à la marche.
Guillaume souffre de son genou comme jamais. Le moral en prend un coup... Nous envisageons même d'abréger le tronçon de l'année avec un arrêt forcé à Cauterêts.
Encore un effort, nous y sommes presque.

A cauterêts, nous avons rendez-vous : maman Claudie est en vacances dans la ville. Nous avons donc prévu de la voir et de dormir dans la location qu'elle occupe.
Le soir, elle nous invite au restaurant.

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Ce soir-là, un concours de circonstances (gentillesse de belle-maman, fondue savoyarde et son assiette de charcuterie, annonce d'une nuit exceptionnelle sur un vrai matelas et dans une pièce chauffée... et certainement aussi compagne admirable) amène Guillaume a reconsidérer les conséquences de sa douleur lors de la descente vers Cauterêts. L'abandon n'était plus au programme. Demain, nous reprenons les sentiers.